TYPOGRAPHIE : la pratique des italiques

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L’écrivain, le relecteur et le correcteur le savent bien : les règles typographiques sont là pour rendre un texte agréable à lire. Et l’impératif à suivre est qu’il ne faut jamais que le lecteur s’arrête sur une phrase sans en comprendre le sens facilement.

Le correcteur sait qu’il aura affaire, dans chaque manuscrit, à deux types d’utilisation des italiques : pour le style ou pour appliquer une règle.

L’italique pour le style

L’italique fait partie de ces dispositifs de typographie qui permettent au lecteur de suivre l’intention du rédacteur du texte. Il est commun de lire des romans où les auteurs vont utiliser les italiques pour insister sur un mot. Cette utilisation de l’italique pour mettre l’accent sur un mot est primordiale, un peu comme, lorsqu’en parlant, nous insistons sur un mot qui a une importance particulière pour nous.

Les italiques sont aussi à disposition des écrivains qui souhaitent mettre du rythme en intercalant des extraits de dialogue, ça va, vous arrivez à suivre ?, ou de pensée formulée par un personnage pendant une action – encore une belle prise de tête cet article. Ce type d’utilisation de l’italique pourra être discutée par tel ou tel correcteur : il n’y a pas de codes lorsque l’auteur d’un texte souhaite inventer. La seule limite à l’inventivité doit toujours être la lisibilité du texte, ce qui inclus de ne pas fatiguer son lecteur avec des dispositifs de typographie trop variés : à force d’apartés et d’insistance, on perd son audience…

À l’auteur donc, de choisir entre les italiques, les tirets de dialogues, les guillemets, les majuscules, les insertions de paragraphe sous une police de caractère différente, etc.

Italiques : les cas obligatoires

En dehors de ces usages relatifs au style d’écriture, l’italique doit se plier à des règles strictes… Les voici !

  • L’emploi de l’italique est obligatoire pour les mots étrangers. Ainsi, si vous devez effectuer un reboot de votre ordinateur, si vous demandez une glace au parfum Stracciatella, si vous voulez vous faire tatouer une Khamsa sur l’avant-bras, l’italique sera indispensable pour tous ces mots qui ne sont pas encore banalisés en français.La règle est bien sûr à exclure pour les mots entrés dans le vocabulaire courant : « j’ai mangé mon sandwich dans un parking ».
    L’application la plus difficile de cette règle concerne les mots latins non francisés : a priori (sinon à priori), ad hoccasus belliad vitam aeternampersona non grata. Malheureusement,pour ne jamais se tromper ici, le mieux est, stricto sensu, d’utiliser un lexique typographique. Ou de compter sur le correcteur, bien sûr !
  • Les phrases construites dans une langue étrangère suivent la même règle et se typographient en italiques : AchtungKarfoffel ! Ma che cosa dice ?
  • Les proverbes et devises, même les citations, s’écrivent en italique et sans guillemet. Pour les citations, il est courant en journalisme d’ajouter le guillemet. Là encore, la règle à appliquer et la clarté pour le lecteur… Car tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse.
  • Les titres d’œuvres : le traitement est identique pour tous les types d’œuvres : Au clair de la lune (chanson), Le Petit Prince (œuvre littéraire), La Joconde ou Le Penseur (tableau et sculpture), et Le Gendarme de Saint-Tropez (film). Sur ce sujet, les règles qui concernent les majuscules sont, par contre, très tarabiscotées…
  • Les noms de journaux, d’émissions de télévision, de magasins et restaurants.
  • Les notes de musique : il nous a refait un sol parfait.
  • J’omets sciemment de nombreux cas spécifiques relatifs aux revues scientifiques, aux pièces de théâtre ou à la rédaction de procès-verbaux…

Voilà, vous connaissez à présent l’essentiel des modes d’utilisation de l’italique. Mais conservez à l’esprit qu’un bon texte, agréable à lire, n’en abusera jamais !

À propos de l'auteur

Pierre-Jean Verhoye

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