Majuscule à maman et papa ?

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Voilà une question à laquelle j’ai mis du temps à trouver une réponse définitive : doit-on mettre une majuscule à maman et papa lorsqu’ils sont utilisés comme noms propres ?

Maman et papa sont des appellatifs

Bien sûr, maman et papa sont des noms communs, tout comme père, mère, monsieur, tata, oncle, etc. À ce titre, ils ne prennent jamais de majuscule : « j’ai déjeuné chez maman », « mon papa est très fort », « le monsieur d’à côté est venu nous dire bonjour », « oncle Jeannot a appelé », etc.

Le doute existe quand ces appellatifs sont utilisés en tant que noms propres : doit-on écrire « Bonjour Maman » ou « Bonjour maman » ?

Maman et papa utilisés comme noms propres

Inutile de tourner autour du pot : la règle concernant les appellatifs est d’éviter la majuscule, même quand ils sont utilisés comme des noms propres. On écrira donc, comme dans la chanson : merci maman, merci papa !
L’exclusion de l’utilisation de la majuscule pour ces noms communs utilisés comme des noms propres est facile à comprendre, et donc à accepter : imaginez un instant que l’on mette une majuscule à tous ces appellatifs que sont maman, papa, père, mère oncle, monsieur, madame, maître, monseigneur, patron, chef, m’man, chéri ou chérie, pupuce, mémé, tata, grand-père, grand-papa, etc. ! Les majuscules fatiguent les yeux, alourdissent les textes et nuisent à la lisibilité : autant les utiliser quand elles sont strictement obligatoires.

Mais utiliser les majuscules pour maman et papa est acceptable, notamment lorsqu’il s’agit de souligner l’affection, la familiarité. Ainsi, pour ne citer qu’un auteur parmi les plus célèbres de la littérature française, Marcel Proust écrivait à sa mère « Ma chère petite Maman… » (dans le recueil Ma chère Maman, édité par Folio). Plus récemment, j’ai noté l’utilisation de la majuscule dans le roman Fugues d’Arthur H, publié chez Mercure de France. A contrario, dans son roman Tom petit Tom tout petit homme Tom, Barbara Constantine n’utilise nulle part la majuscule lorsque le petit Tom parle à sa mère, y compris pour le diminutif m’man, alors même que la familiarité et l’affection sont là…

Bon, alors, majuscule ou pas ?

La règle est : non, pas de majuscules à maman, papa, pépé, mémé, etc.

Ceci étant dit, et en citant le Grevisse qui tolère la majuscule tout en indiquant que « la minuscule l’emporte », en tant que correcteur, j’ai pris l’habitude de respecter le désir de l’auteur, surtout lorsque ces appellatifs sont utilisés par des enfants, et lorsqu’ils ne sont pas trop présents dans le texte. Tout en veillant à une cohérence tout au long des récits, bien sûr. Mais, avec le temps, je dois avouer que j’ai de plus en plus tendance à privilégier les minuscules à tous les appellatifs, afin d’optimiser la lisibilité du texte.

À propos de l'auteur

Pierre-Jean Verhoye

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